Récit d’une aventure bien de chez nous

Monsieur, [… ] j’irois au Montréal, il est de mon honneur et vous
trouverez bon que j’y monte pour y commencer une colonie,
quand tous les arbres de cette Isle se devroient
changer en autant d’Iroquois.
Paul de Chomedey de Maisonneuve[1]

Contexte
Les héros ne sont pas toujours sous les feux des projecteurs. Certains ont posé autrefois des gestes qui, aujourd’hui encore, ont des influences. Parmi ces héros, il en est un qui pourrait facilement tomber dans l’oubli si son nom ne faisait pas partie du paysage montréalais.

Recruté en 1641 par la Société des messieurs et dames de Notre-Dame de Montréal, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, chrétien fervent et soldat émérite, quitte sa région natale de Neuville-sur-Vanne en France et s’embarque pour la Nouvelle-France afin d’y fonder un centre missionnaire sur l’île de Montréal. Il voyage avec un groupe de 54 personnes, dont 4 femmes, parmi lesquelles se trouvent Jeanne Mance, l’infirmière et l’économe. L’entreprise est périlleuse, car la région choisie pour l’établissement du groupe est menacée par les Iroquois. Bravant le danger, Maisonneuve et ses compagnons s’établissent en mai 1642.

Durant un quart de siècle, la jeune colonie a une existence difficile. Ses habitants doivent faire face à une contrée méconnue et à un climat rigoureux ainsi qu’à des affrontements avec les Iroquois. À partir de l’été 1643, ces derniers commencent à harceler les Montréalistes, leur livrant une perpétuelle guerre d’embuscade. Dans ces circonstances, Maisonneuve se conduit en véritable héros. À la fois soldat et organisateur, doté d’une grande rigueur morale, il fait preuve de qualités de chef. Il dirige la poignée d’hommes et de femmes qui l’entourent et qui, comme lui, font preuve d’héroïsme.

Malgré les difficultés éprouvées, Maisonneuve, Jeanne Mance et le groupe de colons s’attachent au développement économique de Ville-Marie, laquelle deviendra par la suite la ville de Montréal, un centre économique important et la deuxième ville de langue française du monde après Paris. Si Montréal est devenue la grande ville que l’on connaît aujourd’hui, c’est grâce à des hommes et à des femmes qui, au fil des ans, n’ont ménagé ni leur temps ni leur peine pour que leur rêve devienne réalité. Parmi eux se trouve celui grâce auquel la ville a pris naissance : Paul de Chomedey de Maisonneuve.

Déroulement
Tout d’abord, pour bien saisir l’importance des gestes posés par les pionniers à l’étude, l’élève cherche en quoi les actes accomplis par Paul de Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Mance et leurs compagnons lors de la fondation de Ville-Marie, en 1642, relèvent de l’héroïsme.

Par la suite, l’élève prépare des questions liées à l’objet d’interrogation du passé. Il est aussi amené à développer la compétence Interroger les réalités sociales dans une perspective historique, et ce, en tenant compte des concepts historiques de changement, de continuité et de durée. Ces questions servent de fondements pour la recherche d’information effectuée lors d’une sortie culturelle, par exemple au musée de Pointe-à-Callières, qui est consacré à l’archéologie et à l’histoire de Montréal.

Un retour fait en classe sur la visite au musée permet à l’élève de réaliser l’importance de cette institution culturelle qui se fait gardienne du patrimoine de la fondation de Montréal. Elle recèle des découvertes (objets, artéfacts, documents historiques, etc.) et des savoirs indispensables au développement de ses compétences dans le domaine de l’univers social et à l’acquisition de nouvelles connaissances qui enrichissent sa compréhension de l’évolution de la société québécoise.

En conclusion, l’élève est invité à découvrir en quoi les gestes posés par nos héros de l’histoire peuvent influer sur ses comportements quotidiens et lui servir d’exemples dans la construction de son avenir.

Intégration des apprentissages culturels
Les apprentissages réalisés dans le domaine de l’univers social permettent de mettre en lumière les faits héroïques de pionniers qui se sont perpétués dans notre mémoire collective. En découvrant ces personnalités, les élèves sont en mesure de reconnaître les repères culturels incontournables qui font désormais partie du paysage culturel de la société montréalaise. Leurs noms, associés à des établissements comme le Cégep de Maisonneuve et l’école Jeanne-Mance, à des rues comme le boulevard René-Lévesque ou encore à des infrastructures urbaines comme le parc Maisonneuve, peuvent les concerner de près ou de loin et leur donner envie de les découvrir. Ce sont des lieux de vie sociale dont ils sont aussi les héritiers culturels.

[1] Dollier de Casson, Histoire du Montréal.