Le héros dans la tradition

Contexte
Le premier héros auquel on s’identifie marque la jeune enfance. Qu’il s’agisse d’un superhéros, d’une figure parentale ou d’un personnage célèbre, les modèles d’héroïsme ont évolué dans le temps. Qu’en est-il aujourd’hui pour les jeunes du préscolaire?

Dans toutes les sociétés, les aînés ont transmis des valeurs aux plus jeunes et ont contribué à leur façon à la perpétuation de la mémoire collective. La société amérindienne est un exemple particulièrement significatif en ce sens puisque la transmission de la tradition orale y a toujours été l’apanage des aînés. Que ce soit par le récit d’une histoire vécue, d’un conte ou d’une chanson, les hauts faits de héros réels ou imaginaires ont pu être transmis à travers de nombreuses générations.

Contribution et interaction des disciplines
La littérature enfantine propose plusieurs récits amérindiens inspirants qui décrivent des aventures héroïques[1]. La réflexion sur l’héroïsme se construira ainsi à partir de la vision personnelle du monde de l’enfant, comportant un héros familial, pour s’étendre à des modèles de héros mythiques d’une autre culture.

Un récit portant sur un personnage héroïque comme Les aventures de Tikigaq[2], dont le sujet est un jeune garçon ayant accompli trois exploits remarquables, peut servir d’élément déclencheur pour la réflexion sur le thème du héros. Les enfants sont amenés à produire, avec l’aide de leur enseignant ou d’un artiste invité inscrit dans le Répertoire de ressources culture-éducation, un court texte qui servira à la création, en classe de musique, d’une chanson sur le héros en question. En faisant appel à ses connaissances et en lisant un conte amérindien portant sur un personnage héroïque, l’élève du préscolaire est invité à comprendre :

– en quoi le personnage principal est un héros;
– les différences et les similitudes entre la culture amérindienne et la sienne.

À la suite de la lecture du conte, l’élève est invité à s’exprimer sur sa perception du « héros ». Qui peut être le héros? Qu’est-ce qui différencie un héros d’une personne ordinaire? Qui est son héros? A-t-il un héros dans sa famille immédiate?

Dans la classe de musique, qui constitue le lieu central de l’activité, on vise la création collective d’une chanson portant sur le héros dont les paroles auront été écrites au préalable en classe, avec l’aide de l’enseignant et de l’artiste invité.

Sur le thème des Amérindiens et dans la continuité de la lecture du conte, on permettra à l’élève d’écouter des musiques traditionnelles amérindiennes du Québec[3]. Si le contexte le permet, on lui présentera des instruments traditionnels tels que la flûte et les différents types de tambours (tambour à main, tambour à eau, tambour chef) de même que leurs fonctions, allant de l’objet sacré, auquel est parfois associé un pouvoir de guérison, à l’instrument de communication entre les humains et le monde des esprits.

Le tambour peut servir de support pour la production d’un ostinato dans la chanson sur le thème du héros. On peut aussi utiliser certaines chansons amérindiennes comme trame mélodique en y intégrant le texte de la chanson composée collectivement. Les suggestions des élèves sont prises en compte tout au long de la création de la chanson.

Intégration des apprentissages culturels
Cette activité amène l’élève à construire sa compréhension du monde en découvrant la culture amérindienne à travers ses contes et sa musique. Les héros, qui sont des figures générationnelles, jouent un rôle significatif dans la structuration de l’identité de l’enfant. En se questionnant sur la notion de héros à partir du modèle des Premières Nations, l’élève peut approfondir sa conception de l’héroïsme grâce à des repères culturels plus larges.

[1] Le recueil Contes traditionnels du pays des glaces dépeint la culture inuite et présente de nombreux héros, adultes ou enfants. Textes choisis et adaptés par Delphine Gravier, Éditions Milan jeunesse, 2003.
[2] Ibid.
[3] Le disque Les dix communautés innues du Québec donne un bon aperçu de la culture amérindienne innue avec des chansons créées et interprétées en français et en langue crie par des enfants de l’école Kanatamat : Jacques FOUCHER, Kanatamat – Voyage au pays des Innus, Laval, Éditions de l’Horloge, 2002.