Dans la peau de héros d’hier et d’aujourd’hui

Pour être grand il ne faut que se rendre maître de soi.
Jean-Jacques Rousseau dans le Discours sur la vertu du héros

Contexte
L’histoire regorge de représentations de la figure du héros. La civilisation antique grecque, par exemple, offre une quantité impressionnante d’œuvres d’art présentant les héros de la mythologie, que ce soit par la statue de marbre ou la peinture sur vase. Le héros est alors figé dans la pose qui le caractérise le mieux et qui, par le fait même, évoque sa puissance ou ses vertus. Dans ces œuvres sont représentées aussi, côte à côte, les neuf muses qui incarnent, notamment, la danse et la poésie et qu’on appelle « Terpsichore ».

Déroulement
L’élève est invité à composer une danse qui représente un dialogue gestuel entre un héros issu de la mythologie grecque (Ulysse, Achille, Terpsichore, etc.) et un héros issu de sa culture immédiate et donc encore vivant à ce jour. C’est l’occasion de lui faire découvrir des danseurs et des chorégraphes québécois contemporains, inscrits dans le Répertoire de ressources culture-éducation et pouvant inspirer particulièrement les garçons, tels Harold Réhaume, Real Baptiste, Yves St-Pierre et Sylvain Poirier.

Avant qu’il s’engage dans ce processus créatif, on incitera l’élève à pratiquer la respiration abdominale et on lui fera prendre conscience de la stabilité de divers appuis au sol et de leur impact sur l’alignement corporel. Cela favorise en effet chez lui un gain de contrôle corporel et un sentiment de confiance en son potentiel gestuel. Par la même occasion, on lui fera expérimenter la position du guerrier[1], basée sur la force et le contrôle, telle qu’elle est pratiquée par les yogistes.

En présentant des images de poses caractéristiques de héros réels ou fictifs et tirées de livres, de revues d’art ou d’Internet, les élèves peuvent s’exercer à reproduire et à transformer ces postures qui dégagent des impressions de puissance et de détermination[2]. Puis, ils structurent, toujours à deux, la rencontre entre les deux héros de leur choix, l’un contemporain et l’autre issu de la mythologie. Les phrases de mouvements peuvent être constituées de poses, d’actions et de déplacements qui traduisent l’énergie particulière des héros en cause.

La rencontre « dansée » de ces héros d’hier et d’aujourd’hui fait appel au procédé de contraste ou de dialogue en fonction des caractéristiques exploitées chez les deux personnages. Par exemple, le contraste convient bien à une rencontre gestuelle entre Ulysse, qui incarne la force et la lenteur, et Le fils d’Adrien danse (nom de la compagnie du chorégraphe québécois Harold Rhéaume), qui, dans son œuvre Clash, déploie fluidité et rapidité.

Intégration des apprentissages culturels
Cette activité de danse inspirée des héros de la mythologie et de l’art contemporain permet à l’élève d’analyser et d’expérimenter un large spectre de mouvements qui traduisent des impressions ou des sentiments associés à l’héroïsme, tels le courage, l’agilité ou l’audace. L’élève prend également conscience des défis que le chorégraphe et le danseur professionnel doivent relever pour maîtriser leur corps dans l’interprétation d’une œuvre chorégraphique. En vivant cette expérience artistique, l’élève peut même découvrir en lui des ressources inattendues qui l’encourageront à approfondir son expressivité et renforceront sa confiance.

[1] Des animations montrant les cinq mouvements décomposés de cette posture peuvent être visualisées dans plusieurs sites Internet.
[2] Si le contexte le permet, on peut présenter des poses derrière un voile, à la façon des ombres chinoises, tout en les comparant à des représentations de héros.